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Made in Beautiful (la belle province)

Made in Beautiful (la belle province)
 
Olivier Arteau

Préface de Sol Zanetti et Marianne Marceau.


Chaque année à l’Halloween, Linda réunit sa famille pour une fête costumée. Chaque année, les rivalités familiales et l’actualité viennent immanquablement enflammer les échanges. Mais une tradition est une tradition et la famille, aussi dysfonctionnelle soit-elle, reste la famille. L’ancien amant qui a viré gai, déguisé en geisha, côtoie une grande échalote déguisée en Sriracha
; le chum de la matante, attriqué en mouche à feu, niaise la copie ratée de E.T.; pis la cousine qu’on voit jamais se garnit la face de Nutella pour ressembler à Halle Berry dans Catwoman
Dans une succession de tableaux à la fois absurdes et déjantés, on trouve les protagonistes en train de débattre la question de l’immigration, du féminisme, de la mise en plis de Cynthia ou de la gestion de Linda désormais atteinte d’Alzheimer. On se met finalement à jouer à un jeu questionnaire sur l’histoire de notre province… et tout le monde perd. Soudainement, le mutisme, l’ignorance, le manque d’éducation, la faillite de la rhétorique s’emparent de nous… Présentée en accéléré sous nos yeux, leur transformation témoigne de l’impact des grands événements sur nos mentalités et nos rassemblements. 
LA SŒUR DE LINDA
Ma circoncision était bin loin me voyais pas virailler en bus/

LINDA
Ta quoi ?

LA SŒUR DE LINDA
Ciquonstipation ?

LA MÈRE DE LINDA
Eh boy.

LINDA
Circonscription.

LA SŒUR DE LINDA
Commence pas à me piéger, veux-tu bin !

LE CHUM DE LA SŒUR DE LINDA
Y a juste 6 % des Québécois qui ont pas voté hier, tu peux bin pas bien t’sentir après avoir perdu ça !

LA MÈRE DE LINDA
On y a tellement cru jusqu’à temps qu’les résultats d’Montréal sortent.

LE CHUM DE LA SŒUR DE LINDA
Je n’ai braillé une shot hier soir devant ma tévé pendant que toi tu ronflais éclatée su’ l’divan les fesses à l’air.

LA SŒUR DE LINDA, tannante
Tu me r’gardais les fesses mon cochon ?
Distribution :
12 personnages (6 femmes et 6 hommes)


• Finaliste aux prix littéraires du Gouverneur général en 2001 - Catégorie Théâtre
Les Libraires craquent:

« Cinq scouts perdus qui rêvent d’aventures au Japon se rabattent sur un « après-bal » pour se donner des sensations. Trois adolescentes nourries à la porno rêvent d’amour en parlant de cul. Tout ce beau monde se retrouve dans un champ à la campagne pour une nuit de galère qui leur laissera des marques dans le cœur et des gales sur les genoux. Doggy dans Gravel c’est (très) cru, drôle, d’une intelligence rare, d’une lucidité presque douloureuse. C’est un portrait par l’absurde d’une jeunesse qui se cherche et qui se lance tête baissée dans les expériences, quitte à ce qu’elles soient morbides, pour avoir l’impression de vivre, pour devenir adulte, enfin. Sans retenue ni nuance, nous dirons qu’Olivier Arteau est un jeune auteur brillant qu’il faut suivre, à tout prix. »

Commenté dans la revue Les libraires par Anne-Marie Genest, librairie Pantoute
• Finaliste au Prix de la critique de l'AQCT 2017-2018 - Catégorie Meilleur texte original, Québec
Les critiques en ont dit :

« Soutenu par une langue imagée et non policée, Made in Beautiful enchaîne d’évocatrices peintures d’époque, croquées par quelques repères culturels identifiables. Et l’auteur varie la forme narrative des divers tableaux avec assez d’inventivité : une saynète d’homoparentalité bénéficie d’une amusante traduction littérale ; la scène qui recrée le Printemps érable, uniquement à l’aide d’un florilège de citations de l’époque, est particulièrement efficace. […] Avec sa protagoniste frappée par la maladie d’Alzheimer, la pièce semble évoquer une société qui souffre elle-même d’amnésie quant à son passé. Au fil du temps, on voit aussi le souci de Linda pour le bon français remplacé par un usage du franglais. Mais certaines traditions demeurent, tout se transformant. Olivier Arteau a le tour pour incarner ces changements dans un détail savoureux, comme la manière de préparer l’incontournable pâté chinois… » - Marie Labrecque, Le Devoir

« […] Olivier Arteau a toujours excellé dans les dialogues, et c’est ici plus évident que jamais. Les répliques s’entrecroisent habilement, pleines d’une belle humanité, et fusent harmonieusement. La grande table où se rejoignent tous les membres de la famille, année après année, symbole de rassemblement pour beaucoup de Québécois, est le centre de cet univers singulier, une espèce de réalité magnifiée par la plume d’un dramaturge dont on n’a pas fini d’entendre parler.
» - Pierre-Alexandre Buisson, La Bible Urbaine

« Comment résumer aussi brièvement, non pas l’histoire récente, mais le terreau social sur lequel elle repose? Le jeune auteur y va par touches légères qui parviennent à créer un tableau d’une puissante prégnance. Inutile de tout nommer, il suffit de suggérer, de mettre le doigt sur un travers, un comportement ridicule, une situation grotesque et absurde pour que l’imaginaire du spectateur fasse le reste. Il parvient ainsi à transposer le réel dans l’univers symbolique. Mais rien de tout cela ne tiendrait la route sans une mise en scène d’une impeccable rigueur. » - Alain-Martin Richard, Revue Jeu

Collection Théâtre

ISBN 9782896371570
5,25 x 8,25 po
184 pages
21,95 $
Parution mars 2020
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