Les barbelés

Les barbelés
 
Annick Lefebvre


Quand un être humain réalise que des fils barbelés lui poussent dans le corps, que sa gorge et sa bouche en seront bientôt envahies, l’empêchant peu à peu de parler, c’est alors que surgit l’urgence de la parole. Dire les derniers mots de l’ultime heure de sa vie, tant qu’il est encore temps. Les mots trop longtemps censurés, les mots qui débordent. Le choix de se taire, aussi.
L'INDIVIDU AUX BARBELÉS
Ça nous attaque quand on se censure devant quelqu’un, c’est ça? Ça nous assaille quand on agit pour ménager notre vis-à-vis? Ça nous condamne à cause de ça! Vraiment? Je souffle sur mes plaies pour les aider à cicatriser. C’est parce que je vous aime que je me censure, que je m’efface pis que je me dissous. Pis si je veux continuer de décortiquer les mécanismes de notre amour pendant qu’on se bourre dans la bûche à l’érable, je peux aussi parler du bébé d’amour qui vous a récemment transformés en grands-parents. Parce qu’on n’y échappe pas, maman, parce qu’on n’y échappe pas, papa, depuis la naissance de mon enfant, à ce gros crisse de bonheur sale qui sévit quand on se voit pis qu’on danse des slows devant le sapin de Noël, qu’on s’empiffre de dinde aux canneberges pis qu’on déballe des montagnes de cadeaux.
Distribution :
1 personnage (1 femme ou 1 homme)


• Finaliste aux prix littéraires du Gouverneur général en 2015 - Catégorie Théâtre

• Finaliste au prix Michel-Tremblay en 2015

• Top 100 des meilleurs livres québécois de l'année 2015 - Les Libraires

Choisi parmi les 100 incontournables de Radio-Canada en 2016
   - Choisi par Catherine Trudeau

Choisi parmi les 100 incontournables de Radio-Canada en 2017
   - Choix du public
Catherine Trudeau en a dit:

« C'est une prise de parole en cinq temps. Ce sont cinq femmes de toutes origines qui se définissent tantôt par leur travail, tantôt par leurs relations aux autres. On y perçoit leur lutte pour se tailler une place dans le monde auquel elles aspirent, libérant enfin des sons de cette voix qu'elles retiennent. Exit la mère, la séductrice ou l'ado désabusée. On a affaire ici à des portraits complexes de femmes qui vont au-delà du rôle souvent imaginé pour elles. Des paroles fortes, parfois dures mais à l'écho bien réel. Des jappements, des appels à l'aide, des confessions et des constats nécessaires dans le paysage littéraire et dramaturgique. J'accuse, d'Annick Lefebvre, c'est cinq grandes respirations, cinq souffles garants de la survie de ces femmes. »

Pour lire l'article

Collection Théâtre

ISBN 9782896371204
4,25 x 7 po
64 pages
11,95 $
Paru en octobre 2017
Distribution en Europe
Librairie du Québec
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